Le jeu vidéo va dépasser le cinéma? Avec son petit clignotant? Bon allez promis, le temps d'un post, j'arrête d'être cynique.
Le jeu vidéo ne va pas dépasser le cinéma, il est simplement en train de grandir et de prendre sa place aux côtés du cinéma, pas à ses dépends. En fin de compte, c'est quoi le jeu vidéo? C'est juste un moyen de raconter des histoires, comme le cinéma, la littérature, la peinture, la musique... C'est peut-être ça l'art tout compte fait, un moyen de raconter une histoire, après on y est sensible... Ou pas, ça dépend des goûts.
Cela m'amène au deuxième point de désaccord que j'ai avec ton propos. Tu dis que le cinéma nous impose une histoire alors que c'est nous qui la créons dans le jeu vidéo. Excuse moi d'être aussi catégorique, mais c'est faux. Le jeu vidéo nous fait subir son histoire au moins autant que le cinéma, si ce n'est plus.
Puisque tu prends l'exemple de RDR, je vais m'en servir, ayant fini le jeu à 100%. La liberté de faire les missions dans l'ordre que l'on veut? C'est un leurre. J'ai fini l'histoire principale trois fois, au final la structure scénaristique ne change jamais. Marston voyage en train jusqu'à Armadillo, il va à Fort Mercer, se fait tirer dessus, se retrouve chez les McFarlane.
Il rencontre le Marshall Johnson et West Dickens, ce dernier le met en relation avec l'Irlandais et Serh. Après avoir aidé tout ce beau monde, c'est parti pour l'attaque du Fort Mercer. Devant l'échec de cette attaque, Marston part au Mexique. La traversée du fleuve est mouvementée. Ensuite Marston rencontre Landon Ricketts qui lui apprend quelques rudiments de tir. Ricketts met Marston en relation avec Lisa, membre de la rébellion mexicaine. Cela lui permet de rencontrer Abraham Reyes, chef de la rébellion. Pendant le même temps Marston rencontre De Santa et Allende et travaille pour les deux camps en même temps (gouvernement et rébellion). De Santa trahi Marston, qui se range définitivement avec Reyes pour faire tomber la junte au pouvoir. Il en profite pour éliminer ou capturer Javier Escuela et Williamson.
Une fois cela terminé, Marston retourne à Blackwater, où le FBI (et plus précisément Edgar Ross) lui apprend qu'il a encore une cible à éliminer avant de récupérer sa famille. Ils partent alors en chasse dans les montagnes et finissent par avoir la peau de Dutch.
Marston récupère alors sa famille et rentre alors dans son ranch. Il reprend sa vie de fermier, il va chercher du bétail, etc et apprend les rudiments de la vie d'adulte à son fils. Au bout d'un moment Ross revient en force avec la cavalerie pour tuer Marston et achever la bande de Dutch pour de bon.
Cet épisode -douloureux- passé, on prend le contrôle de Jack (son fils) pour mener à bien sa vengeance. The End.
Après tu as beau faire les missions dans l'ordre que tu veux, la trame de fond reste la même. Alors ça permet de rencontrer certains persos un peu plus tôt ou un peu plus tard, et ça offre du renouveau quand on refait le jeu, de la fraîcheur, et ça permet de rentabiliser un peu plus son achat (un jeu coûte quand même à peu près 7 fois -neuf- une place de ciné), mais dans le fond ça ne change rien à l'ordre dont vont se dérouler les grands événements du scénario. Comme un film quoi.
Quant aux missions aléatoires, ça reste des événements scriptés. On ne choisi pas d'aider (ou pas) la diligence, on choisi de le faire quand ça arrive. Alors bout à bout, tous ces événements aléatoires ont un impact sur la façon dont les pnj vont réagir en te voyant, je te l'accorde. C'est une particularité du jeu vidéo, il permet d'interagir avec l'environnement, ce qu'on ne peut pas forcément faire avec les autres formes d'art. Je ne considère pas ça comme une supériorité du jeu vidéo sur le reste, c'est quelque chose le distingue du reste, comme la musique ou la littérature ont aussi des choses qui les distinguent. Après c'est une question de goût qui va faire qu'on préfère le cinéma, le jeu vidéo, la musique, etc, et qu'on va préférer un sous genre à un autre (métal ou classique, par exemple, pour LS musique). Mais en soi, le jeu vidéo n'est pas supérieur au cinéma. Surtout pas en terme de natation du scénario. Parce qu'il faut bien le dire, pour un jeu comme RDR ou GTA qui permet d'avoir -presque- une vraie influence sur l'univers, on a combien de jeu ultra scriptés, où on a que le choix de suivre un couloir après un couloir, avec de temps en temps une salle un peu plus vaste, avec pour but de tuer tout ce qu'on croise? Beaucoup (trop). Uncharted, j'ai fait les trois avec un pote, ce sont de très bon jeux, aucun souci là dessus. Mais c'est quand même très dirigiste, y a pas 36 façons de finir une mission.
J'en profite d'ailleurs pour revenir sur GTA IV, que j'ai fini de nombreuses fois également. À part le choix entre buter Rascalov ou prendre les 250.000 dollars, qui conduit à la mort de Roman ou de Kate, quel autre choix à un gros impact sur le scénario?
Celui où on doit tuer Dwayne ou Playboy a un impact émotionnel sur le joueur (surtout si on bute Dwayne, R* a tout fait pour qu'on se sente super mal si on prend cette option), mais sur le scénario, ça n'a aucun impact.
Et les autres, franchement, ils sont encore plus "inutile" dans le sens où ça n'influe nullement sur le scénario. Y en a seulement un ou deux qui revienne sous forme de personnage aléatoire si on les épargne durant les missions principales. C'est pas vraiment ce que j'appelle avoir le contrôle sur l'histoire.
Mais je reconnais à Rockstar (et il y en a bien quelques autres) la capacité à donner cette impression, sorti de ces quelques exceptions...
Et je ne parle pas des jeux de foot (qui n'ont aucun but, on a rapidement fait le tour des challenges proposé, c'est impersonnel, j'ai pas du tout l'impression d'être un joueur de foot ou un entraîneur quand je joue à FIFA, et je parle encore moins des jeux de caisse, qui n'ont aucune, mais absolument aucune histoire. En fait, les seules fois où j'ai vraiment eu le contrôle de mon destin dans un jeu vidéo, c'est en faisant des parties libres dans les RTS (Âge of Empire, Cossacks, pour ne citer que les plus célèbres). Tu parts avec un petit groupe de chasseur cueilleur, et à toi d'en faire la plus puissante des civilisation, entre développement technologique et guerres acharnées. Mais c'est bien le seul exemple qui me vient en tête.
Quant aux nouvelles façons de jouer offertes par la wii, le kinect et tout ça, pour moi (et ça n'engage vraiment que moi) ce ne sont pas des jeux vidéos. Ce sont des jeux de société qui ont changé de support. C'est un truc des constructeurs pour attirer de nouveaux clients et faire du fric. On sort son wii sports comme on sort son jeu de pétanque ou son cluedo, mais c'est pas un jeu vidéo. On y joue pas pour le jeu en lui même, mais pour passer un bon moment avec la famille ou les potes, le jeu devient un prétexte et non un but.
Quant à la wii u, ça me semble plus être une DS géante quatre chose. J'ai l'impression que la manette qui fait la taille d'un iPad en a refroidi quelques uns. Mais là encore, wii, wii u, kinect, etc, on est tellement loin du cinéma que ça ne peut pas le surpasser ou le sous passer (sic) puisque ça, ça ne raconte pas d'histoire, donc ce n'est pas comparable, pour le coup.
Oui, il y a des similitudes, il y a des connexions entre le cinéma et le jeu vidéo, comme il y en a entre la littérature et le cinéma, ou entre la musique et le jeu vidéo, donc on peut comparer, ou du moins mettre les choses en perspective les unes par rapport aux autres (huummm ouais, comparer quoi, je radote, Alzheimer guette...).
Après tu as parfaitement le droit de préférer le jeu vidéo au cinéma (je ne suis moi même pas un grand fan du 7e art), mais parler de supériorité, et d'impossibilité de comparer à cause de cette soi-disante supériorité, ça m'a bien fait rire.